Le dépistage du cancer du côlon selon l’âge et le risque individuel de chaque personne

Par  Professeur Chabot

professeur Chabot

Pr Jean-Michel CHABOT


Jean-Michel Chabot est médecin et Professeur de santé publique. De 2010 à 2017, il a été conseiller médical de la Présidence de la HAS et membre de la Commission nationale des études de santé (CNES). De 2002 à 2004, il avait été conseiller au cabinet du ministre de la Santé Jean-François Mattéi après avoir été secrétaire de la conférence des Doyens de médecine de 1998 à 2002. Actuellement, il poursuit son activité aux comités de rédaction de la Revue du Praticien et du Concours Pluripro.

L’American Cancer Society est une organisation fondée voilà plus d’un siècle, à but non lucratif, bénéficiant de fonds importants via des donateurs privés (comme c’est souvent le cas aux Etats-Unis, en particulier dans le secteur de la santé). Elle est un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics et un partenaire des sociétés savantes médicales, lesquelles sont presque toujours organisées par organe (sein, rein, etc) ou spécialités (ORL, gastro-entérologie, etc).

L’American Cancer Society (ACS) développe des services au bénéfice des patients, propose et anime des programmes de prévention et soutient ou même coordonne des programmes de recherche clinique. Son site propose notamment des informations destinées aux patients, régulièrement actualisées et validées scientifiquement.

C’est le cas pour le dépistage du cancer du côlon, pour lequel l’ACS recommande un dépistage régulier à partir de 45 ans, jusqu’à 75 ans. Au-delà, ce dépistage est une affaire d’indication ou de choix individualisés. Le rythme recommandé du dépistage du cancer colorectal est annuel, triannuel ou bien tous les cinq ans, selon le test ou l’examen de dépistage utilisé.

Surtout, l’ACS distingue l’opportunité de ce dépistage selon le niveau de risque individuel pour chaque personne. Pour l’essentiel, ce niveau de risque individuel est apprécié selon qu’il existe ou non :

  • des antécédents familiaux de cancers digestifs ou personnels ;
  • des antécédents de maladies inflammatoires coliques, comme la maladie de Crohn ou encore une polypose.

Dans les cas où le risque est plus important ou même franchement élevé (comme par exemple certaines familles portant un ou des gènes exposant particulièrement à la survenue d’un cancer colique), il appartient au médecin traitant de conseiller au patient - et le cas échéant à ses collatéraux ou à ses enfants – un dépistage, soit débutant plus tôt, soit plus fréquent, selon une méthode plutôt qu’une autre, ou en combinant ces différentes possibilités.

Pour les patients ayant subi une irradiation abdominale ou pelvienne (généralement pour le traitement d’un cancer antérieur, cas de plus en plus fréquent) : le dépistage d’un éventuel cancer du côlon doit alors débuter plus tôt (jusqu’30 ans) et être plus fréquent.

Source :

American Cancer Society. American Cancer Society Guideline for Colorectal Cancer Screening [en ligne], consulté le 021.03.2021.

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