Les ‘plus’ et les ‘moins’ des différents tests et examens de dépistage du cancer du côlon

Par Professeur CHABOT

professeur Chabot

Pr Jean-Michel CHABOT


Jean-Michel Chabot est médecin et Professeur de santé publique. De 2010 à 2017, il a été conseiller médical de la Présidence de la HAS et membre de la Commission nationale des études de santé (CNES). De 2002 à 2004, il avait été conseiller au cabinet du ministre de la Santé Jean-François Mattéi après avoir été secrétaire de la conférence des Doyens de médecine de 1998 à 2002. Actuellement, il poursuit son activité aux comités de rédaction de la Revue du Praticien et du Concours Pluripro.

Il existe deux principaux types de tests et examens pour dépister le cancer du côlon ; d’une part les tests à la recherche d’anomalies dans les selles et d’autre part la visualisation du rectum et du côlon.

Les examens de selles

A la recherche d’anomalies, soit des traces de saignement, soit des anomalies de l’ADN cellulaire des cellules qui tapissent l’intérieur du rectum/côlon

  • Les ‘plus’ : Ces tests ne nécessitent pas de préparation (« nettoyage ») particulière de l’intestin et le recueil de l’échantillon de selles peut se faire à domicile, avant le dépôt au laboratoire, sans perturbation de la vie quotidienne.
  • Les ‘moins’ : En cas de positivité, ces tests doivent être suivis d’examens plus poussés, en particulier une coloscopie avec prélèvements pour examen biopsique. De surcroît, ces tests exposent à un risque de passer à côté d’un cancer débutant (faux-négatif) ainsi qu’à un risque, plus réduit, de faux-positif.

L’examen endoscopique (la coloscopie)

Cet examen permet, de l’intérieur, de visualiser la totalité du rectum et du côlon

  • Les ‘plus’ : Après une bonne préparation (nettoyage) du tube digestif et avec un bon opérateur, c’est l’examen qui donne la sécurité maximale du dépistage
  • Les ‘moins’ : La préparation du côlon, indispensable, nécessite d’ingérer une préparation destinée à « vider » le tube digestif, ce qui peut provoquer des désagréments la veille et le jour de l’examen. De surcroît, l’examen nécessite une sédation du patient (qui n’est pas une vraie anesthésie) ce qui impose d’y consacrer au moins une demi-journée et le cas échéant d’être accompagné au retour.
    Dans de rares cas, l’examen peut être suivi de quelques douleurs et « crampes » abdominales

Par ailleurs, les patients qui le souhaitent peuvent choisir une coloscopie virtuelle ; il s’agit d’un examen par scanner « en coupes fines - 1 mm) de l’abdomen. Les images obtenues sont transférées et traitées par ordinateur de manière à être interprétées en vues bidimensionnelles-2D ou bien tridimensionnelles -3D. Cette « virtualité » de la coloscopie préserve évidemment le patient des désagréments du tube introduit dans le rectum/côlon. Toutefois, cette coloscopie virtuelle donne des résultats moins bons que la vision directe et ne permet pas les prélèvements biopsiques.

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