Soins de support en cancérologie : l’utilité croissante des nouvelles technologies mobiles

professeur Chabot

 


Professeur Jean-Michel Chabot est médecin et Professeur de santé publique. De 2010 à 2017, il a été conseiller médical de la Présidence de la HAS et membre de la Commission nationale des études de santé (CNES). De 2002 à 2004, il avait été conseiller au cabinet du ministre de la Santé Jean-François Mattéi après avoir été secrétaire de la conférence des Doyens de médecine de 1998 à 2002. Actuellement, il poursuit son activité aux comités de rédaction de la Revue du Praticien et du Concours Pluripro.

Les auteurs de cet article pointent les évolutions en cours dans les différents systèmes de soins de la plupart des pays développés. Ils s’intéressent plus particulièrement aux malades souffrant d’affections chroniques dont l’évolution se prolonge sur des années, et aux différents professionnels, médecins et soignants, qui interagissent autour de chaque patient, qui eux-mêmes prennent une part de plus en plus active au suivi de leur maladie. Toutes ces interactions sont désormais beaucoup plus fluides et facilitées grâce aux nouvelles technologies et notamment les technologies mobiles. Il s’agit notamment des applications disponibles sur les smartphones ou tablettes téléchargeables depuis les stores Android, iOS et Windows Phone.

En France, ce mouvement est également perceptible, même si de nombreux médecins restent encore attachés à un exercice solitaire, dans le cadre du « colloque singulier » avec le patient.

C’est pour dresser un état des lieux de ces interactions et des moyens utilisés, que les auteurs ont réalisé ce travail, en centrant leur recherche sur les soins de support en cancérologie. Ils ont passé en revue près de 2 000 publications scientifiques, postérieures à l’année 2000 pour finalement en analyser une centaine, soit celles qui présentaient les meilleures garanties de sérieux et de pertinence.

Premier enseignement : l’usage de ces technologies mobiles est proportionnel au degré de richesse du pays considéré. C’est un peu dommage, tellement ces technologies pourraient rendre des services dans les pays en développement.

Deuxième enseignement : c’est à la phase du « traitement » d’un cancer que ces technologies sont le plus utilisées. Et avant tout pour le self-management, c’est-à-dire la prise en charge en autonomie du malade lui-même dans le suivi de sa thérapeutique : ajustements de posologie des médicaments anti-émétiques(i) ou bien antalgiques, signalements d’effets secondaires, etc.Pour cela deux types de matériel sont principalement utilisés, les smartphones et les dispositifs de surveillance à distance, la plupart du temps des capteurs que le malade porte sur lui.

3ème enseignement : les technologies mobiles sont encore peu utilisées pour la prévention et le diagnostic.

Les auteurs concluent qu’il est peu probable en l’état que les technologies mobiles contribuent à la création de nouveaux modèles de soins car leur utilisation est encore trop limitée à certaines activités ou à certaines phases du processus de soins.

Même si cette étude était centrée sur les soins de support en cancérologie, les auteurs soulignent que le diabète et les maladies métaboliques bénéficient largement de ces nouvelles technologies. Enfin, internet et les diverses applications de télésanté apparaissent peu dans ce travail ; c’est essentiellement parce que l’analyse de la littérature étudiée s’est arrêtée à l’année 2015, alors que les applications de télésanté étaient encore balbutiantes… (2400 signes)

Source :

Greta Nasi, et al. The Role of Mobile Technologies in Health Care Processes: The Case of Cancer Supportive Care. J Med Internet Res ;Vol 17, numéro 2, e26. 2015. [en ligne], consulté le 07.03.2022.